Imaginer la santé connectée de demain

articleA côté de cet écosystème de startups innovantes qui ne cesse de se développer ces dernières années, il existe une structure publique qui coordonne depuis 2002 les projets en matière de e-santé. Sous l’autorité de l’ARS (agence régionale de santé), le groupement de coopération sanitaire (GCS) Tesis chapeaute en effet tous les projets permettant de faciliter la coordination entre les professionnels de santé à la Réunion et à Mayotte. Son but : imaginer la santé connectée de demain dans les deux îles.

«Avec l’allongement de la durée de vie et l’explosion des pathologies chroniques, la télé-médecine est une des réponses aux défis sanitaires de demain. Tesis ne développe pas lui-même les projets, mais passe des appels d’offre auprès d’entreprises privées pour répondre aux besoins exprimés par les professionnels de santé », explique Antoine Lerat, directeur du GCS Tesis. « Nous avons la responsabilité de choisir les usages numériques qui peuvent améliorer le traitement des patients. Pour cela, nous faisons remonter les besoins du terrain. C’est ainsi que nous avons fait développer l’application Kimesui qui permet aux professionnels de santé qui suivent un même patient de se connaître. »
Autre avancée portée par Tesis dans le cadre du programme OIIS (océan Indien innovation santé) : le projet « Lien » qui doit fournir à tous les professionnels de santé de l’île un intranet commun qui leur permettent d’accéder aux dossiers de leurs patients. Avec un data center basé à la Réunion s’il vous plaît. « 110 médecins en sont équipés actuellement. La Réunion est la seule région de France avec un tel projet : nous sommes très en avance sur la circulation de l’information. Cela a joué dans l’attribution du label French Tech », précise Denis Lerat, directeur des systèmes d’information de l’ARS.
L’an dernier, Tesis a mis en place un espace de réflexion innovant baptisé « La Ruche ». A la fois salle de séminaire et espace showroom, la Ruche est devenu le bâtiment totem de la Réunion French Tech. « Développer une filière e-santé à la Réunion permet de faire émerger des projets innovants, mais sera aussi source d’économies pour l’ensemble du système de santé local », conclut Antoine Lerat.
Les autres pépites
Dans la sphère e-santé, la Réunion compte de nombreux projets ambitieux. Parmi eux, la start-up Torskal pilotée par une jeune Réunionnaise, docteur en chimie-physique des matériaux, Anne- Laure Morel. Entrée en incubation à la Technopole en 2015, Torskal veut créer une alternative à la chimiothérapie. Son but est de remplacer les composants toxiques actuels des nanoparticules par des plantes de la Réunion. Cette synthèse sera moins nocive car elle ciblera spécifiquement la zone à traiter. L’autre innovation est que cette nanoparticule permettra aussi le diagnostic par l’imagerie médicale.
«Le concept de Torskal m’est venue quand j’ai constaté qu’il existait localement une volonté de valoriser la biodiversité réunionnaise : l’enregistrement des plantes endémiques à la pharmacopée française a été un déclic. J’ai eu l’idée de fabriquer des nanoparticules d’or en utilisant les plantes de la Réunion. Aujourd’hui, la chimiothérapie ne cible pas les cellules : elle est très toxique car elle tue à la fois les cellules saines et les cellules tumorales. Mon projet va permettre de cibler spécifiquement les cellules malades, de limiter les effets secondaires et d’éradiquer différemment le cancer. Pour moi, les molécules qui composent les plantes sont un réactif qui vient en substitution des solvants toxiques utilisés habituellement en nanotechnologie. Avec les deux autres chercheurs qui travaillent avec moi, nous avons choisi d’utiliser de l’eau, des extraits de plante et de l’or», explique Anne-Laure Morel.

Crédit:  Cet article a été publié sur le site http://actus.clicanoo.re/article/economie/1417615-imaginer-la-sant%C3%A9-connect%C3%A9e-de-demain

le 24 Novembre 2016.

 

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